Christophe Casalegno

Sciences : les pseudo « bien pensants » ne doivent pas être un frein au progrès

Introduction

Le rythme s’accélère chaque jour un peu plus : que ce soit dans les médias ou sur internet : clonage, génétique, nanotechnologie ou intelligence artificielle, il ne se passe pas un mois sans entendre de nouvelles manifestations de colère à l’égard du progrès scientifique !

Le plus souvent, des groupuscules religieux ou technophobes s’expriment au nom d’une prétendue « éthique », ou avec des arguments incontestables tels que :« l’homme ne doit pas se prendre pour Dieu ». Bien entendu l’argumentaire développé par ces pseudo « bien pensants », s’appuie soit sur la méthode conspirationniste, où l’absence de preuve se substitue à la preuve ; soit sur des prises de positions de personnalités scientifiques ou influentes, souvent sorties de leur contexte.

sorcière

La plupart du temps, ces manifestations ne reposent sur aucun argument ni aucune preuve scientifique : c’est plus souvent la superstition, la religion, une peur incontrôlable de l’inconnu ou la bêtise qui motivent ces actes et ces paroles, bien davantage que l’éthique ou qu’un quelconque « bon sens » qu’ils ne savent par ailleurs pas non plus définir.

Pourtant, alors que depuis ce mercredi 2 août 2017, l’espèce humaine a déjà consommé plus de ressources que ce que la terre peut lui fournir en un an, que peut-on imaginer d’autre que le progrès scientifique pour résoudre les grands défis du futur qui pourraient menacer notre espèce d’extinction ?

L’origine du problème : l’interprétation catastrophiste des médias

Cela fait la une des médias : Elon Musk s’inquiète des avancées non contrôlées dans le domaine de l’Intelligence Artificielle et demande sa régulation, alors que Stephen Hawking aurait, d’après les titres de nombreux journaux, annoncé la fin de l’humanité pour « bientôt ». Au cours de cette interview il aurait notamment évoqué de nombreuses menaces potentielles : robots dotés d’une intelligence artificielle, réchauffement climatique, virus issus de manipulations génétiques ou encore attaque extra-terrestre.

Avant de s’affoler, il convient avant tout de replacer dans leur contexte l’ensemble de ces déclarations pour y voir un peu plus clair, surtout lorsque l’on parle de personnalités aussi extraordinaires qu’Elon Musk ou Stephen Hawking, et pour lesquelles j’ai, à titre personnel, la plus grande admiration.

Quand Stephen Hawking annonce la fin de l’humanité pour « bientôt », il convient de lire sa déclaration jusqu’au bout pour comprendre que les scientifiques, et notamment ceux qui étudient le cosmos, ont un référentiel temporel très différent de ceux qui reprennent leurs propos. Les propos d’Hawking étaient plus précisément «Je ne pense pas que nous survivrons 1000 ans de plus si nous ne nous échappons pas de notre fragile planète », annonçant plus loin qu’il « faut continuer à aller dans l’espace pour le futur de l’humanité » afin de trouver de nouvelles planètes à coloniser.

Lu comme cela nous ne sommes plus du tout dans le plaidoyer anti-science auquel certains voudraient nous faire croire, mais au contraire vers une prise de position qui nous indique au contraire que cette dernière est la seule solution envisageable pour la survie de l’espèce humaine.

Science & humanité

Revenons maintenant sur les propos d’Elon Musk qui indique que l’IA (L’intelligence Artificielle, même si on fait davantage référence ici à l’émergence d’une conscience artificielle qu’aux procédés d’intelligence artificielle maintenant maîtrisés depuis des années et par ailleurs utilisés dans les voitures Tesla qu’Elon Musk fabrique) représenterait un risque majeur pour notre civilisation.

Et bien oui, évidemment, Elon Musk a raison ! L’Intelligence Artificielle (IA) représente bel et bien un risque majeur pour notre civilisation, de même que toute autre technologie susceptible de créer un point de singularité technologique ! (note : un point de singularité technologique est un changement technologique suffisamment important pour provoquer un emballement de la croissance technologique capable d’induire d’importants changements imprévisibles sur la société humaine.)

Plusieurs scénarios sont susceptibles de mener à un point de singularité : citons notamment la maîtrise de la technologie quantique, la fabrication du premier nanoconstructeur, le téléchargement de l’esprit humain dans un ordinateur, l’atteinte de l’immortalité, l’émergence d’une conscience artificielle, ou encore une rencontre avec une civilisation extra-terrestre avancée.

Chacun de ces changements représente un risque majeur pour notre civilisation telle que nous la connaissons et c’est cette différence majeure qu’il convient de retenir.

En effet, il ne faudrait pas oublier que notre civilisation a déjà connu plusieurs fois de tels bouleversements par le passé ! Posez vous ces questions : regrettez vous vraiment la préhistoire ou même le moyen age, avec des conditions de vies si rudes que l’espérance de vie était plus de 2 fois inférieure à celle d’aujourd’hui ? Regrettez vous la découverte de l’électricité, de l’imprimerie, de la médecine moderne, du moteur à explosion ou d’Internet ? Trouvez vous à ce point notre civilisation si parfaite aujourd’hui, qu’il faille la protéger à tout prix contre tous les changements ou les évolutions qui pourraient être amenés par le progrès ?

Et bien ma réponse est : non ! Le changement, l’évolution : il ne faut pas en avoir peur, il faut le souhaiter ! Tout au long de son histoire, c’est toujours dans les périodes de grands changements, face aux plus grands défis, que l’humanité a été capable de donner le meilleur d’elle même et de se surpasser.

N’oublions pas qu’aujourd’hui nous utilisons chaque jour de nombreuses technologies qui en leur temps, ont provoqué la même inquiétude que l’Intelligence Artificielle (IA) ou les nanotechnologies, et parfois pire encore.

Savez vous ainsi qu’avant de faire exploser la première bombe nucléaire, de nombreux scientifiques pensaient que la réaction en chaîne qui s’en suivrait ne pourrait pas s’arrêter se propageant à toute l’atmosphère terrestre et réduisant en cendre notre monde ?

Il ne s’agit bien entendu pas ici de faire l’apologie de la bombe nucléaire : mais les technologies telles que la médecine nucléaire que nous utilisons massivement aujourd’hui, notamment dans l’imagerie médicale ou la radiothérapie auraient elles pu exister si on avait chargé un comité mondial de réguler les recherches sur la radioactivité à cause des risques de cette dernière ? (car la radioactivité est dangereuse par nature et pas seulement dans une bombe). Combien de poisons mortels sont à l’origine de nouveaux traitements ?

N’oublions jamais, que, par définition la régulation n’est appliquée que par ceux qui s’y soumettent : souhaite-t-on voir des pays beaucoup moins démocratiques que d’autres, prendre une avance technologique considérable au point de se retrouver nous-même rapidement dans une situation de retard économique et technologique, dont on devra ensuite payer les pots cassés ?

Combien aujourd’hui de morts dans nos hôpitaux ou dans les « maisons de fin de vie » à cause de l’encadrement trop ferme des essais cliniques ? Il faut désormais 7 à 10 ans de R&D avant qu’un nouveau médicament arrive sur le marché : cet encadrement ne freine t’il pas au final les avancées médicales plus qu’il ne protège les patients ?

Si j’approuve totalement qu’il faille appliquer un principe de précaution important dans certains domaines tel que les vaccins ou encore les traitements de certaines pathologies, non létales à court terme, afin d’étudier les risques à moyen et long terme, pourquoi laisser mourir des milliers de personnes qui ont été déclarés « condamnés » et n’ont plus que quelques mois à vivre alors que des traitements fussent-t-ils expérimentaux existent et pourraient en sauver plusieurs ?

recherche médicale et pharmaceutique

Certains répondent : « les conséquences à long terme du traitement sur les patients ». MAIS ON S’EN FOUT ! Les patients en phase terminale sont en train de mourir : c’est une question de jours ou de mois : laissez les donc libres de choisir de prendre des risques pour vivre, plutôt que de les condamner par défaut !

Revenons en à nos moutons, à savoir ces pseudo bien-pensants ou technophobes qui m’ont finalement « inspirés » ce post : les plus modérés d’entre eux militent aujourd’hui pour la création de comités et autres organes de contrôle : pourquoi pas, mais n’oublions pas l’histoire. Cette dernière nous montre en effet qu’en cas de survenue d’un incident majeur, lesdits organes sont alors rapidement pointés du doigts et s’exposent à des risques important. C’est ainsi qu’au final, le choix de la sécurité (la leur) devient alors après quelques mois d’exercice la seule option possible, de la même manière (c’est à dire permanente) que l’on nous abreuve d’alertes tempêtes parce qu’un jour l’alerte n’a pas été donnée car le risque était jugé trop faible, et que la tempête s’est tout de même abattue : dans le domaine de la prévention, les médias n’épargnent personne, surtout pas les scientifiques !

Enfin, n’oublions pas que, contrairement à ce l’on peut entendre prôner régulièrement par les anti-progressistes dans les médias, les technologies n’ont jamais été un moyen pour les puissants de dominer les faibles : l’histoire, notre histoire, montre au contraire que les avancées technologiques ont de tout temps été annonciatrices, suivies, ou accompagnées d’un vent de liberté.

Le progrès ne doit pas être arrêté sous de faux prétextes éthiques : et c’est là le vrai risque pour notre civilisation : car par essence ce qui s’arrête de progresser fini en général par se scléroser.

Conclusion

Aujourd’hui, il est nécessaire pour chacun d’entre nous de prendre ses responsabilités. Même si vous pensez que « c’était mieux avant », il est trop tard pour faire marche arrière : nous consommons trop de ressources pour notre petite planète, et la seule chose susceptible de sauver notre espèce, c’est la science ! C’est la science qui peut nous permettre de lutter efficacement contre la pollution, la déforestation ou encore la maladie, c’est la science qui peut sauver notre espèce de l’extinction à laquelle quasiment toutes les espèces sont programmées dès leur apparition.

Au contraire, de certains courants de pensée pessimistes, je reste convaincu que les technologies modernes telles que l’ingénierie génétique, la technologie de l’information, la médecine pharmaceutique, l’anticipation des capacités futures dont la nanotechnologie, l’intelligence artificielle, le téléchargement des données du cerveau dans un ordinateur ou/et vice-versa, ou encore la colonisation de l’espace sont annonciatrices d’un brillant avenir pour l’espèce humaine.

Pour planifier l’avenir, il ne suffit pas de faire des projections sur la base des chiffres d’aujourd’hui : il est impératif de tenir compte des progrès technologiques spectaculaires qui peuvent se produire : c’est ainsi qu’au fil des années, la date à laquelle nous n’aurions plus de pétrole a été sans arrêt repoussée en même temps que les technologies s’amélioraient en permettant d’en consommer toujours moins.

Future

Il serait en effet catastrophique que les avantages potentiels que nous promettent l’avenir ne se matérialisent pas à cause de la technophobie ou de prohibitions inutiles. N’oublions pas que si, par le passé, l’homme s’était arrêté devant ce type de frayeurs, les inventions comme le langage, l’écriture, l’imprimerie, l’électricité l’industrialisation, la médecine moderne ou encore internet, n’auraient jamais vu le jour.

Le monde est ainsi fait que la voix de la contestation est souvent celle qui se fait le plus entendre, alors qu’au fond, elle est rarement celle qui est majoritaire. La majorité silencieuse par définition, elle se tait. Il est peut être temps que cela change, et de commencer à faire entendre une autre voix : une voix tournée vers l’avenir : une voix pour défendre une voie dans laquelle l’espèce humaine peut se transcender et donner le meilleur d’elle-même… si elle cesse d’avoir peur, et qu’elle s’y engage !

Christophe Casalegno
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